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Lettre du président Khrouchtchev au président Kennedy Moscou, 20 mars 1962. - Histoire

Lettre du président Khrouchtchev au président Kennedy Moscou, 20 mars 1962. - Histoire


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Lettre du président Khrouchtchev au président Kennedy
Moscou, 20 mars 1962
.

CHER MONSIEUR. M. LE PRÉSIDENT : Ayant pris connaissance avec soin de votre message du 7/1// de cette année, je constate avec satisfaction que ma communication du 21/2/février/ contenant la proposition que nos deux pays unissent leurs efforts pour la conquête de l'espace a rencontré la compréhension nécessaire de la part du gouvernement des États-Unis.
En avançant cette proposition, nous sommes partis du fait que tous les peuples et toute l'humanité sont intéressés à atteindre l'objectif de l'exploration et de l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique, et que l'ampleur énorme de cette tâche, ainsi que les énormes difficultés qui doivent être surmontées , exigent d'urgence une large unification des capacités et des ressources scientifiques, techniques et matérielles des nations. Maintenant, à une époque où l'ère spatiale commence à peine, il est déjà évident combien l'homme sera appelé à accomplir. Si aujourd'hui le génie de l'homme a créé des vaisseaux spatiaux capables d'atteindre la surface de la lune avec une grande précision et de lancer les premiers cosmonautes en orbite autour de la terre, alors demain les vaisseaux spatiaux habités pourront courir vers Mars et Vénus, et plus loin ils voyagent d'autant plus larges et immenses que deviendront les perspectives de pénétration de l'homme dans les profondeurs de l'univers.
Plus le nombre de pays qui apporteront leur contribution à cette entreprise vraiment compliquée, qui implique de grandes dépenses, sera élevé, plus la conquête de l'espace dans l'intérêt de toute l'humanité se déroulera rapidement. Et cela signifie que l'égalité des chances doit être offerte à tous les pays pour participer à la coopération internationale dans ce domaine. C'est précisément ce type de coopération internationale que l'Union soviétique prône sans relâche, fidèle à sa politique de développement et de renforcement de l'amitié entre les peuples. Dès le début de 1958, le gouvernement soviétique proposa la conclusion d'un large accord international de coopération dans le domaine de l'étude et de l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique et prit l'initiative de soumettre cette question à l'examen des Nations Unies. En 1961, immédiatement après la réalisation du premier vol spatial de l'homme en Union soviétique, nous avons réaffirmé notre volonté de coopérer et d'unir nos efforts avec ceux d'autres pays, et surtout avec votre pays, qui se préparait alors à vols. Mon message du 21 février 1962 était dicté par ces mêmes aspirations et orienté vers ce même but.
Le gouvernement soviétique considère et a toujours considéré les succès de notre pays dans le domaine de l'exploration spatiale comme des réalisations non seulement du peuple soviétique mais de toute l'humanité. L'Union soviétique prend des mesures concrètes pour que les fruits du travail des scientifiques soviétiques deviennent la propriété de tous les pays. Nous publions largement la notification de tous les lancements de satellites, de vaisseaux spatiaux et de fusées spatiales, signalant toutes les données relatives à l'orbite de vol, au poids des appareils spatiaux lancés, aux fréquences radio, etc.
Les scientifiques soviétiques ont établi des contacts professionnels fructueux avec leurs collègues étrangers, y compris des scientifiques de votre pays, dans des organisations internationales telles que le Comité pour la recherche spatiale et la Fédération internationale d'astronautique.
Il me semble, Monsieur le Président, que la nécessité est désormais généralement reconnue de prendre de nouvelles mesures concrètes dans la noble cause du développement de la coopération internationale dans le domaine de la recherche spatiale à des fins pacifiques. Votre message montre que l'orientation de vos réflexions ne diffère pas en substance de ce que nous concevons comme des mesures pratiques dans le domaine d'une telle coopération. Quel devrait donc être notre point de départ ?
A cet égard, je voudrais citer plusieurs problèmes de recherche et d'utilisation pacifique de l'espace, pour la solution desquels il serait à notre avis important d'unir les efforts des nations. Certains d'entre eux, qui sont repris dans la récente résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies adoptée à l'initiative de nos deux pays, sont également mentionnés dans votre message.
1. Les scientifiques considèrent que l'utilisation de satellites terrestres artificiels pour la création de systèmes internationaux de communication à longue distance est tout à fait réaliste au stade actuel de la recherche spatiale. La réalisation de tels projets peut conduire à une amélioration significative des moyens de communication et de télévision dans le monde entier. Les gens seraient dotés d'un moyen de communication fiable et des possibilités jusqu'ici inconnues d'élargir les contacts entre les nations seraient ouvertes. Commençons donc par préciser les opportunités concrètes de coopération pour résoudre ce problème. D'après ce que j'ai compris de votre message, les États-Unis sont également prêts à le faire.
2. Il est difficile de surestimer l'avantage que l'on tirerait de l'organisation d'un service mondial d'observation météorologique utilisant des satellites terrestres artificiels. Une prévision météorologique précise et opportune serait encore une autre étape importante sur la voie de l'assujettissement de l'homme aux forces de la nature ; elle lui permettrait de combattre avec plus de succès les calamités des éléments et ouvrirait de nouvelles perspectives pour faire progresser le bien-être de l'humanité. Coopérons également dans ce domaine.
3. Il nous semble opportun de s'entendre pour organiser l'observation des objets lancés en direction de la Lune, Mars, Vénus et d'autres planètes du système solaire, par des moyens radiotechniques et optiques, à travers un programme.
De l'avis de nos savants, on gagnerait sans aucun doute à unir les efforts des nations dans le but d'accélérer le progrès scientifique dans l'étude de la physique de l'espace interplanétaire et des corps célestes.
4. Au stade actuel de la pénétration de l'homme dans l'espace, il serait très souhaitable d'élaborer et de conclure un accord international prévoyant une aide à la recherche et au sauvetage de vaisseaux spatiaux, de satellites et de capsules tombés accidentellement. Un tel accord apparaît d'autant plus nécessaire qu'il pourrait s'agir de sauver la vie de cosmonautes, ces courageux explorateurs des confins de l'univers.
5. Votre message contient des propositions de coopération entre nos pays pour l'élaboration de cartes du champ magnétique terrestre dans l'espace au moyen de satellites, ainsi que pour l'échange de connaissances dans le domaine de la médecine spatiale. Je peux dire que les scientifiques soviétiques sont prêts à coopérer dans ce domaine et à échanger des données sur ces questions avec des scientifiques d'autres pays.
6. Je pense, Monsieur le Président, que le moment est également venu pour nos deux pays, qui ont avancé plus que d'autres dans la recherche spatiale, d'essayer de trouver une approche commune à la solution des problèmes juridiques importants avec lesquels la vie elle-même a confronté les nations à l'ère spatiale. À cet égard, je trouve un fait positif qu'à la 16e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, l'Union soviétique et les États-Unis aient pu se mettre d'accord sur une proposition sur les premiers principes du droit spatial qui a ensuite été approuvée à l'unanimité par les membres de l'ONU : une proposition sur l'applicabilité du droit international, y compris la Charte des Nations Unies, dans l'espace et sur les corps célestes ; sur l'accessibilité de l'espace extra-atmosphérique et des corps célestes à des fins de recherche et d'utilisation par toutes les nations conformément au droit international ; et sur le fait que l'espace n'est pas sujet à appropriation par les nations.
Maintenant, à notre avis, il faut aller plus loin.
L'expansion de la recherche spatiale menée par les nations rend absolument nécessaire de convenir également qu'en menant des expériences dans l'espace extra-atmosphérique, personne ne devrait créer d'obstacles à l'étude de l'espace et à la recherche à des fins pacifiques par d'autres nations. Peut-être faudrait-il préciser que les expériences dans l'espace qui pourraient compliquer les recherches spatiales d'autres pays devraient faire l'objet d'une discussion et d'un accord préliminaires sur une base internationale appropriée.
Je n'ai cité, Monsieur le Président, que quelques-unes des questions dont la solution est, à nos yeux, devenue urgente et nécessite une coopération entre nos pays. A l'avenir, la coopération internationale en matière de conquête spatiale s'étendra sans aucun doute à des domaines toujours plus nouveaux de l'exploration spatiale si nous pouvons désormais la fonder solidement. Nous espérons que les scientifiques de l'URSS et des États-Unis pourront s'engager dans l'élaboration et la réalisation des nombreux projets de conquête de l'espace, main dans la main et avec des scientifiques d'autres pays.
Les représentants de l'URSS au Comité de l'espace de l'ONU recevront des instructions pour rencontrer des représentants des États-Unis afin de discuter de questions concrètes de coopération en matière de recherche et d'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique qui intéressent nos pays.
Ainsi, Monsieur le Président, concevons-nous, dirons-nous, des choses célestes. Nous souhaitons sincèrement que l'instauration d'une coopération dans le domaine de l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique facilite l'amélioration des relations entre nos pays, l'apaisement des tensions internationales et la création d'une situation favorable au règlement pacifique des problèmes urgents ici sur notre propre terre .
En attendant, il m'apparaît évident que l'ampleur de notre coopération dans la conquête pacifique de l'espace, ainsi que le choix des lignes selon lesquelles une telle coopération semblerait possible, est dans une certaine mesure liée à la solution du désarmement problème. Tant qu'un accord sur le désarmement général et complet n'aura pas été obtenu, nos deux pays seront néanmoins limités dans leurs capacités à coopérer dans le domaine de l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique. Ce n'est un secret pour personne que les fusées à des fins militaires et les engins spatiaux lancés à des fins pacifiques reposent sur des réalisations scientifiques et techniques communes. Il est vrai qu'il y a ici quelques distinctions ; les fusées spatiales nécessitent des moteurs plus puissants, car par ce moyen, elles transportent des charges utiles plus importantes et atteignent une altitude plus élevée, tandis que les fusées militaires en général n'ont pas besoin de moteurs aussi puissants - les moteurs déjà existants peuvent transporter des ogives d'une grande force destructrice et assurer leur arrivée à n'importe quel point du globe. Cependant, vous et nous savons, Monsieur le Président, que les principes de conception et de production des fusées militaires et des fusées spatiales sont les mêmes.
J'exprime ces considérations pour la simple raison qu'il vaudrait mieux que nous voyions tous les côtés de la question de manière réaliste. Nous devons essayer de surmonter tous les obstacles qui pourraient surgir sur la voie de la coopération internationale dans la conquête pacifique de l'espace. Il est possible que nous y parvenions, et ce sera utile. Des perspectives considérablement plus larges de coopération et d'unification de nos réalisations scientifiques et technologiques jusqu'à et y compris la construction conjointe d'engins spatiaux pour atteindre d'autres planètes - la lune, Vénus, Mars - apparaîtront lorsqu'un accord sur le désarmement aura été atteint.
Nous espérons qu'un accord sur un désarmement général et complet sera obtenu; nous déployons et continuerons de déployer tous nos efforts à cette fin. Je voudrais croire que vous aussi, Monsieur le Président, vous n'épargnerez aucun effort pour agir en ce sens.
Respectueusement votre,
N. Khrouchtchev


Crise des missiles de Cuba : quatorzième jour

Mais vous n'avez pas vu ce post venir, n'est-ce pas ? Parce que tout le monde sait que la crise n'a duré que treize jours. Après tout, il y a un livre et un film qui nous le disent.

Mais à vrai dire, la crise ne s'est pas terminée le dimanche 28 octobre 1962. Elle ne s'est pas non plus terminée le lundi 29 octobre. En fait, la crise était loin d'être terminée. D'une part, les négociations devaient encore être réglées. Négociations entre Kennedy et Khrouchtchev. Entre Khrouchtchev et Castro. Et bien, plus ou moins entre Kennedy et Castro.

En fait, « une reconnaissance à basse altitude le 29 octobre a semblé détecter la poursuite de la construction » (mai 411). La vérité était que Kennedy n'avait rien d'autre à faire que la parole de Khrouchtchev que la construction des missiles à Cuba cesserait. Tout comme Khrouchtchev n'avait rien d'autre à faire que la parole de Kennedy qu'une fois les missiles soviétiques à Cuba retirés, les missiles américains en Turquie emboîteraient le pas.

Le 29 octobre, l'ambassadeur Dobrynin a également remis une lettre au procureur général Kennedy. « Le lendemain, Robert Kennedy a appelé Dobrynin et a rendu la lettre, refusant de l'accepter. Les notes manuscrites de Robert Kennedy pour cette réunion disent : « Pas de contrepartie comme je vous l'ai dit. La lettre donne l’impression qu’il y en avait.’ Les missiles quitteraient la Turquie ‘vous avez ma parole là-dessus et c’est suffisant. . . si vous deviez publier un document indiquant un accord, alors c'est éteint. » Dobrynin a promis que rien ne serait publié. Mais, là encore, comme Kennedy le lui a rappelé, il avait également promis que l'Union soviétique ne mettrait jamais de missiles sur Cuba.

Et regarde comment cette s'est avéré. Il est également important de se rappeler que ces accords ont été conclus via, eh bien, des canaux de retour. Il est également important de noter que les Kennedy (mais surtout la CIA) ont poursuivi leurs plans d'invasion secrets. Vous n'avez jamais su avec Castro, après tout. La reconnaissance à basse altitude au-dessus de Cuba s'est également poursuivie.

Et, comme le fait remarquer le frère du président Kennedy dans Treize jours (publié à titre posthume d'ailleurs), il restait le problème de la guerre froide. C'était loin d'être fini.

« L'exaspération face à notre lutte au Vietnam », a-t-il écrit à la clôture de son avant-dernier chapitre, où il a passé en revue les pensées et les émotions des treize derniers jours, « ne doit pas fermer les yeux sur le fait que nous pourrions avoir d'autres crises de missiles dans le futur – différentes sortes, sans aucun doute, et dans des circonstances différentes. Mais si nous voulons réussir, si nous voulons préserver notre propre sécurité nationale, nous aurons besoin d'amis, nous aurons besoin de partisans, nous aurons besoin de pays qui nous croient et nous respectent et qui suivront notre leadership » (94).

Il a cependant souligné qu'ils avaient tous appris quelque chose de cette expérience horrible. Et cela aussi pourrait être pris dans la prochaine crise.

Mais revenons à la crise des missiles de Cuba. Kennedy a finalement pu annoncer que le problème avait été résolu le 20 novembre 1962. Presque un mois plus tard. il avait fallu beaucoup plus de lettres entre lui et Khrouchtchev. Mais c'était réglé.

« Les IL-28 sortiraient de Cuba dans les 30 jours. Bien qu'il n'y aurait pas d'inspection de l'ONU, les forces américaines seraient autorisées à observer le départ des navires soviétiques. Leurs cargaisons de missiles en partance seraient sur le pont et pourraient être observées en passant des navires ou des avions américains. Les États-Unis continueraient à faire voler des avions de reconnaissance au-dessus de Cuba. Lorsque les armes offensives auraient disparu, la quarantaine serait enfin levée. Les forces américaines reviendraient à des déploiements et à des niveaux de préparation normaux en temps de paix. Le Strategic Air Command suspendrait son alerte aéroportée » (mai 412-413).

Kennedy, Robert F. Treize jours : un mémoire de la crise des missiles cubains. New York : Norton, 1971.

May, Ernest R et Philip D Zelikow, éditeurs. Les cassettes Kennedy : à l'intérieur de la Maison Blanche pendant la crise des missiles de Cuba. New York : Norton, 2002.



Commentaires:

  1. Hamden

    Je m'excuse de vous interrompre, mais je vous propose de procéder autrement.

  2. Marian

    brillante idée

  3. Aonghus

    Quels mots...

  4. Jushicage

    oui je ris, ris



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